Mythe pour certains, réalité pour d'autres : nos sms, conversations téléphoniques ou encore nos e-mails sont-ils écoutés ? Filtrés ? Décortiqués ? Analysés ? S'il est impossible de répondre avec certitude à cette question, une chose est certaine : depuis le cœur de la seconde Guerre Mondiale, vers 1943, un géant de l'espionnage basé, au départ, sur l'interception des communications, est né avec pour nom de code « Projet Echelon ». Depuis, son réseau s'est étendu grâce aux satellites, ses moyens se sont démultipliés, et la peur de certaines dérives s'est accentuée.
Mais qu'est réellement le «Projet Echelon ? Comment ça marche ? Qui en a le contrôle ? La France a-t-elle son propre réseau d'écoutes ? 
Voici quelques réponses...

Qu'est-ce que le Projet Echelon ?

Echelon est un nom de code utilisé pendant de nombreuses années par les services de renseignements des États-Unis pour désigner une base d'interception des satellites commerciaux. Le Réseau Echelon désigne le système mondial d'interception des communications privées et publiques (SIGINT), élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande dans le cadre du traité UKUSA.
Echelon est un réseau capable de surveiller toutes les télécommunications mondiales (appels téléphoniques, télécopies, e-mails...).

 

Quand a-t-il été créé ?

En 1943, les États-Unis et le Royaume-Uni, alors engagés dans la seconde Guerre Mondiale, signent un accord de coopération dans l'interception des communications, l'accord Brusa
Enigma, fleuron de la cryptographie nazie, ne résiste pas à cette alliance et se retrouve rapidement dépassé. Pour pérenniser cette entente au sortir de la guerre, ces deux pays signent, en 1947, le traité UKUSA (United-Kingdom - United States of America). Ils sont rapidement rejoints par le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande plus quelques pays tiers bénéficiant d'un accès restreint au réseau UKUSA.

Comment ça marche ?

L'agence qui gère ce programme, la NSA (National Security Agency) emploie quelques 38 000 personnes pour traiter les informations interceptées via des dizaines de super-ordinateurs baptisés «Super Cray ». 
Ces informations sont décryptées et filtrées grâce à des dictionnaires de mots-clésperformants et d'une profondeur sans égale. On évalue le volume d'informations que la NSA reçoit toutes les 24 heures à deux fois le contenu de la bibliothèque du Congrès américain ! Les messages sont ensuite scrutés, et les plus « intéressants » envoyés directement au gouvernement américain puis dispatchés dans les services concernés.

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De quoi est-il capable ?

Le réseau Echelon peut intercepter les télécopies, les communications téléphoniques, les mails et, grâce à un puissant réseau d'ordinateurs, est également capable de trier en fonction de certains termes les communications écrites ou encore, à partir de l'intonation de la voix, les communications orales.
Ces réseaux peuvent être utilisés pour des actions militaires ou politiques.
Toutes les informations récoltées par le réseau Echelon sont analysées au quartier général de la NSA à Fort George G. Meade (Maryland, États-Unis).

 

Qui gère ce réseau ?

Le réseau Echelon est géré conjointement par les services de renseignements des États membres du UKUSA, à savoir : 

- la NSA (National Security Agency) pour les États-Unis qui en est le principal contributeur et utilisateur
- le GCHQ (Government Communications Headquarters) pour le Royaume-Uni
- le CST (Centre de sécurité des télécommunications) pour le Canada
- la DSD (Defence Signals Directorate) pour l'Australie
- le GCSB (Government Communications Security Bureau) pour la Nouvelle-Zélande.

La base de Menwith Hill

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Située en Angleterre, la base de Menwith Hill, dans les environs de Leeds, n'existe officiellement pas sur les cartes de la région.
C'est au milieu des prés, délimités par des murs de pierres sèches, que s'est établie la plus grande base d'espionnage du monde.
Ce qui frappe le plus les visiteurs, ce sont les immenses boules blanches disséminées un peu partout sur la base. Les " balles de golf ", comme elles sont surnommées, mesurent une vingtaine de mètres de diamètre. Il s'agit de structures creuses qui abritent des paraboles de réception satellitaire.
Les 28 globes blancs protègent les paraboles contre les effets du vent, de la pluie et de la neige, mais aussi contre les regards indiscrets. Il est impossible de voir dans quelle direction sont pointées ces antennes-satellite. Impossible également de deviner ce qui se passe à l'intérieur du bâtiment où se trouvent les postes de commande et de contrôle de la base.

Un enjeu sécuritaire seulement ?

Le journaliste britannique Duncan Campbell enquête sur le réseau Echelon depuis très longtemps. Ce dernier affirme que "toutes les communications électroniques, téléphoniques et par fax en Europe sont quotidiennement interceptées par la NSA" grâce aux satellites espions et auxstations terrestres du réseau Echelon.
Le journaliste précise "qu'une partie de la vocation des installations d'Echelon (à l'origine purement militaire) est aujourd'hui commerciale" citant Airbus Industries et Thomson CSF, entre autres, qui auraient été au centre de différentes opérations d'espionnage industriel ces dernières années.
De son côté, la NSA affirme que ce réseau a pour seule mission de sécuriser les communications des Américains. Mais les soupçons d'espionnage industriel sont de plus en plus vifs. Quant à nosconversations privées, aux dernières nouvelles, elles lui sont également accessibles.

Frenchelon : l’Echelon à la française

Frenchelon (ou French Echelon) est le petit nom donné au supposé système français d'espionnage des télécommunications.
Son existence n'a jamais été officiellement reconnue par les autorités françaises, même si de nombreux journalistes et spécialistes l'ont évoqué lors de différentes enquêtes.
Le système serait géré par la DRM (Direction des Renseignements Militaires) et la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). La plus importante des stations d'écoute est supposée se situer à Domme, près de Sarlat, dans le Périgord. 
Il en existerait d'autres, réparties entre la métropole (Fort du Mont-Valérien, Cap d'Agde...) et les Dom-Tom (avec le centre d'écoute militaire de Bandamiers notamment).
Frenchelon est, en tous les cas, considéré comme très performant par les différents services d'espionnage français. Comme le prouve cette déclaration d'un espion français « Nous n'avons rien à envier aux Américains»


 



Echelon "Le Pouvoir Secret" 1/2 par fanstes


Echelon "Le Pouvoir Secret" 2/2 par fanstes